Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Les trois Brestoises T 3, L'assassin qui aimait Paul Bloas

L'assassin qui aimait Paul Bloas

Palémon

10,00
15 juillet 2019

policier, Bretagne

Troisième enquête de Léanne et ses deux amies dans la ville de Brest, la nuit.

Nous avions laissé Léanne en fâcheuse posture avec son indic. Le récit reprend peu de jours après, alors que le commandant est sous le coup d’une enquête interne. De plus, elle en veut à son amant, qui ne l’a pas informée, au point de lui opposer son silence buté.
Heureusement, une nouvelle enquête lui permet de ne pas se morfondre.

L’occasion pour moi de découvrir les tunnels et sous-terrains de Brest qui, la nuit, sont parfois le théâtre de jeux entre adultes consentants.
Le roman m’a fait découvrir un artiste brestois : Paul Bloas, dont les géants peuplent les murs de la ville. Des créations comme celles d’Ella et Pitr chez moi.

Le récit qui se termine sur la découverte d’un autre meurtre dans lequel serait impliqué son amie Vanessa.
Inutile de dire que j’attends la suite avec impatience !

L’image que je retiendrai est celle du tunnel oublié de l’ancienne base de sous-marins allemands.

https://alexmotamots.fr/lassassin-qui-aimait-paul-bloas-pierre-pouchairet/

Libérées !, Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale

Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale

Fayard

17,00
15 juillet 2019

vie moderne

Tout commence par une chaussette qui traine par terre à quelques mètres du panier de linge sale...
L’auteure – la femme révoltée en elle – déroule alors son propos en prenant exemple sur ce qui se passe dans sa maison : l’arrivée de deux enfants bouleverse la donne, tant au niveau personnel que professionnel.

On trouvera bien sûr les explications historiques et sociologiques : les arts ménagers et les différences de salaire. Beaucoup de chiffres, que j’ai lus en avance rapide.

Ce qui est intéressant dans cet essai, c’est son analyse des réseaux sociaux (Instagram entre autres), et comment ils contribuent à montrer des images parfaites aliénantes pour qui voudrait s’y référer, car la perfection n’est pas de ce monde.
On mesure aussi combien la parole des femmes est insultée sur les réseaux. Ces mêmes réseaux qui uniformisent les goûts et les décorations, au point que partout dans le monde, les restaurants et les hôtels se ressemblent.

J’ai aimé sa vision de la ville, où la femme se fait la plus petite possible, résultat de son éducation.

Quelques citations :

"Garder son homme à la maison, c’est tuer dans l’œuf les luttes sociales. La nappe contre la réunion syndicale." (p.65)

"Cet élan mystérieux qui vous pousse à vous pencher par terre pour ramasser une chaussette qui traine par terre. (…) Vous n’êtes pas habité par une puissance occulte qui prend possession de vous, vous êtes simplement des descendantes." (p.68)

https://alexmotamots.fr/liberees-titiou-lecoq/

D'acier

Liana Levi

12,50
15 juillet 2019

adolescence, Italie

Anna et Francesca sont amies inséparables depuis l’enfance. Leurs parents habitent dans le même immeuble, un appartement l’un au-dessus de l’autre. Elles ont 13 ans, sont jolies et insouciantes.
Leurs pères respectifs sont soit absent, soit violent. La mère de Francesca ne travaille pas et subit les coups, celle d’Anna est engagée politiquement.

Mais cet été là, les deux inséparables se brouillent et c’est la pauvre Lisa qui en fait les frais.

Si j’ai aimé le contexte sociologique du roman avec le haut fourneau qui produit de l’acier sans discontinuer, ses travailleurs qui cherchent à améliorer le quotidien, j’ai été moins convaincue par les personnages masculins.

Anna et Francesca m’ont paru bien jeunes pour ce qui leur arrive.
Et la pauvre Lisa dont le seul qualificatif qui l’a définie sans cesse est boudin.

Mais l’auteure m'a littéralement faite entrer dans ces barres d’immeubles avec vue sur l’Elbe, où tout le monde entend et observe tout le monde, où les pères ont la main leste, mais où personne ne dit rien.

Un roman social du début des années 2000.

L’image que je retiendrai :
Il y a beaucoup de chats sauvages dans ce roman.

https://alexmotamots.fr/dacier-silvia-avallone/

Le Bûcher des vanités, roman

roman

Le Livre de poche

10,40
15 juillet 2019

New-York, presse

Où il est question de la chute d’un gagneur de Wall Street. Sur fond de convulsive fresque new-yorkaise.

Le roman pullule de descriptions de lieux, de vêtements, de généalogies. Mais rien de rédhibitoire, car on se plonge très bien dans la ville cette année-là. De Wall Street au Bronx, en passant par Park Avenue : comme vous y étiez.

Les personnages sont plus vrais que nature : Sherman en maître de l’Univers, mais qui n’ose jamais dire la vérité ; le journaliste qui monte l’affaire en épingle avec quelques bonnes sources ; le juge qui veut se faire réélire ; le révérend du Bronx qui magouille tant qu’il peut ; l’épouse de Sherman en décoratrice d’intérieur, etc.

Il est beaucoup question d’appartenance dans ces pages : les personnages appartiennent à une communauté (juive, irlandaise, italienne, noire, hispanique…). Une descente aux enfers décrite de mains de maître.

L’image que je reteindrai :
Celle du menton de Sherman dont il est si fier, mais qui contribuera à sa perte également.

https://alexmotamots.fr/le-bucher-des-vanites-tom-wolfe/

L'atelier du désordre
20 juin 2019

peintre

Si au départ le texte m’a paru maladroit parfois (des descriptions qui arrivent un peu par hasard), j’ai fini par me laisser porter par la narration et adhérer au roman.

Car tout, dans ce roman, est au service de l’idée de l’auteure : l’existence est une poussière impalpable que nous tentons de saisir par petits tas minuscules.

J’ai aimé ce peintre dont l’obsession est de peindre des tas : de macarons, de paniers, de corps en copulation, de cendres. Un seul de ses acheteurs saisi vraiment l’agencement de ses tableaux.

J’ai aimé Anna, la petite fille adoptée qui se jette dans la Seine un jour d’orage sans que personne ne sache pourquoi. Nous avons parfois des fulgurances étranges.

J’ai aimé Valentine, sa blessure d’enfance, jamais satisfaite et qui se réfugie dans l’opium.

Hortense, sa fille, m’est restée énigmatique et lointaine.

J’ai aimé le photographe attiré par les hauteurs.

Et l’énigmatique Yuko, la japonaise contrainte de fuir le Japon sans que l’on ne sache finalement pourquoi.

Des personnages tous différents, tous passionnants et avec leur part de mystère. Comme dans la vraie vie.

Un roman plus profond que la simple jolie histoire de peintre qu’il donne à lire, dans le fond, et dans la forme.

L’image que je retiendrai :

Celle des tas que peint René Dolomieu : et moi, quel tas de particules de poussière résumera ma vie ?

https://alexmotamots.fr/latelier-du-desordre-isabelle-dangy/