Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Éditions de L'Olivier

21,50
1 novembre 2021

Etats-Unis, vie moderne

Ce livre de non-fiction est donc un hommage à la mère de l’auteure, morte tuée de deux balles par son second conjoint. Mais l’auteure prend le partie de nous parler de sa naissance puis de son enfance.

Elle est en effet née d’une mère noire américaine et d’un père blanc canadien dans un état qui ne reconnaissait pas les mariages inter-raciaux. Elle est d’ailleurs traitée de zèbres par les enfants du quartier qui ne savent pas la classer blanche ou noire.

Mais c’est surtout le second mari violent qui pose problème au duo mère/fille.

Rien de bien nouveau sous le soleil du Mississippi, malheureusement.

J’ai été effarée de lire certaines retranscriptions de conversations téléphoniques entre la mère et le second mari qui menace ouvertement de la tuer tout en l’accusant. Lunaire !

Et personne n’a protégé cette femme qui s’est battue pour s’en sortir tout en protégeant ses enfants….

De belles réflexions profondes sur le traumatisme parsèment le livre.

Quelques citations :

Ces peurs (être jetée en prison en étant innocente ; être internée en étant saine d’esprit ou être enterrée vivante) exprimaient l’impuissance, la vulnérabilité face à des forces sur lesquelles je n’avais aucune prise. (p.94)

Si le traumatisme fragment le moi, alors que veut dire garder le contrôle de soi ? (p.95)

En anglais, to be beside oneself signifie que l’émotion qui nous submerge, comme le chagrin ou la peur, est si intense qu’on a l’impression d’être hors de son corps. Les chercheurs en théorie cognitive suggèrent que parler du traumatisme ou le mettre par écrit peut aider à guérir la déchirure ouverte par l’événement dans le tissu du moi. (p.115)

L’image que je retiendrai :

Celle des bloc-notes jaunes que l’auteure et sa mère utilisent tout le temps.

19,00
1 novembre 2021

Hongrie

Le drame se dessinent peu à peu, à rebours, au gré des chapitres qui alternent entre Eva de nos jours, son adolescence et le jour tragique.

Les passages sur la natation ne m’ont pas passionnée, mais c’est cet engouement pour ce sport qui permet à Eva de ne pas se noyer, même si elle fait un passage de quelques années chez les skinhead.

Son grand-père est toujours près d’elle, ne la jugeant jamais.

Cela aurait pu être pour moi une lecture passionnante si le style de l’auteur ne m’avait laissé en dehors du récit. Je n’ai rien ressenti pour ses personnages et je n’ai continué ma lecture que pour connaître ce qu’il s’était passé cette fameuse journée.

J’ai découvert l’homme d’état hongrois Lajos Kossuth, grande figure de l’indépendance de la Hongrie, et le traité de Trianon qui fut une plaie dans l’histoire de ce pays.

Une citation :

Orban, Poutine, même combat : ce sont des suppositoires, si tu ne les éjectes pas dès le départ, après c’est trop tard, tu les as dans le cul ad vitam aeternam. (p.232)

L’image que je retiendrai :

Celle de l’obsession des hongrois pour les tsiganes.

16,00
1 novembre 2021

19e siècle

De l’auteur, je n’apprécie pas trop les romans policiers dont je passe à côté. Mais ce dernier roman est différent. C’est en effet plutôt une biographie de Jean-Pierre MAZAS, colosse de Montastruc, né en 1847 et décédé en 1901.

A partir de sources parfois contradictoires, l’auteur redonne vie à ce géant de la campagne toulousaine qui se lança dans la lutte alors à la mode pour gagner un peu d’argent en plus de sa ferme.

J’ai aimé découvrir Jean-Pierre, paysan simple ne parlant que son patois mais voyageant d’abord jusqu’à Toulouse puis Bordeaux et Paris.

J’ai aimé l’arrière-plan du récit et j’ai été en colère contre les personnages qui profitent de Jean-Pierre. Les hommes ne changeront jamais….

J’ai eu de la peine pour lui quand une blessure au dos l’empêche à jamais de travailler.

Une lecture pleine d’émotions.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jean-Pierre adolescent fendant du bois pour sa mère.

18,00
1 novembre 2021

dépression

J’ai aimé suivre Camille et Jérémy depuis leur naissance ou presque : enfant, à 15 ans puis plus tard.

J’ai été intriguée par cette tâche au plafond qui ne cesse de grandir.

L’histoire de Jérémy m’a parlé, même si la mienne n’est pas totalement identique.

Une lecture qui m’a mis des poisson d’eau dans les yeux et m’a un peu permis d’y voir plus claire.

Des citations :

Il a ce pouvoir, à force de nuits de larmes et de désespoir ami, de plonger dans les ténèbres et de savoir en ressortir. (p.189)

On se faufile. On évite. On esquive. Oui, on fait ce que l’on peut avec ce que l’on a. On fait avec les autres, le mal qu’ils nous font, la peine qu’ils nous infligent, leur souvenir en nous. On garde leurs empreintes. Un jour ils font partie de nous. On n’en souffre plus. Ce n’est pas facile, ça ne le sera jamais. Mais ça vaut tout ce mal qu’on se donne. Se sentir plus vivant que mort. On mesure l’un et l’autre : cette part de ténèbres en nous et ce qui la soulage. Jusqu’à une certitude. Une infime et intime vérité qui transperce le voile obscur. La force qui traverse ce monde. L’énergie qui l’emporte, le secoue, le bouscule et l’agite. Et soudain le calme qui l’éclaire. (…) Et sans l’avoir vraiment voulu, sans y avoir pensé, sans savoir comment, on se teint debout, la main dans quelque chose de plus grand que sa douleur. (p.251-252)

C’est dingue ce qu’une brèche peut infliger de dommages et d’avaries. Jusqu’à ce qu’on la trouve, qu’on la nomme, qu’on fasse le nécessaire. (p.254)

L’image que je retiendrai :

Celle de Camille toujours présente avec Jérémy, quelque soit ses rebuffades.

15 octobre 2021

Vie moderne

Ah, le rêve du pavillon de banlieue au milieu d’une nature verdoyante, avec sa promesse d’habitat passif….

C’est ce dont rêve ce couple de cinquantenaire parisien dont le mari est gravement dépressif. Et lorsqu’une opportunité s’offre à eux, après moult calculs, ils se lancent dans l’aventure.

Et quelle aventure ! Car habiter un pavillon, c’est également avoir affaire aux voisins, ce que le couple avait oublié dans l’équation. Et certains voisins sont pour le moins dérangeants.

Ce texte est fort riche : d’abord par le style en focalisation interne (c’est la femme qui s’adresse à son mari à postériori). On aime, ou pas, mais ici, c’est fluide et bien trouvé.

Car nous n’aurons que le point de vue de cette parisienne stressée quand quelque chose déborde sur sa pelouse.

J’ai aimé que ces conflits de voisinage se corsent avec la disparition de la voisine aguichante, et le doute que l’auteure instille : la femme protège-t-elle son mari ?

J’ai aimé les couples voisins, tous un peu caricaturaux mais sans excès.

Tout est toujours suggéré, car nous n’avons que la version de la narratrice, forcément déformée.

Et puis les soucis des nouveaux bâtiments, notamment le chauffage révolutionnaire qui ne fonctionne pas.

Que de problèmes !

Un roman dévoré qui dissuaderai d’acheter les plus convaincus des couples.

L’image que je retiendrai :

Celle du chat et du chien des voisins bruyants qui disparaissent tour à tour.