Librairie coiffard

par (Libraire)
16 septembre 2022

Conseillé par Stéphanie

L'enfant parfait n'existe pas, le parent parfait encore moins. Facile à dire. Moins facile de s'en persuader quand on est l'enfant ou le parent concerné.
Roxane est la fille unique d'une musicienne concertiste accaparée par son métier et d'un père exigent mais absent qui a refait sa vie dans le Sud.
Roxane a appris à tout gérer seule : ses repas, ses devoirs, le mal-être maternel, les demandes parentales implicites et explicites.
Cette année de première scientifique est importante pour Roxane. Scolarisée dans un lycée parisien élitiste, elle ne se laisse pas le choix : sa réussite et son avenir ne peuvent passer que par une grande prépa.
Le quotidien d'une ado d'aujourd'hui, les petits soucis, les grandes angoisses de Roxane alternent avec la voix de François. Fils de médecin, père d'un ado qui le déstabilise dans ses certitudes, François est cardiologue. Mais pour combien de temps encore ? Puisqu'il est convoqué par le Conseil de l'Ordre des Médecins pour statuer sur sa responsabilité dans un drame.
Dès lors on sait que les destins de Roxane et François sont liés. Le lecture vibre, compatit, s'insurge. Avec les personnages, il vit la pression sociale, scolaire et familiale. Vanessa Bamberger a trouvé la langue pour viser juste, droit au coeur.
Cette histoire nous tient en haleine, elle bouleverse bien des préjugés, elle interroge l'amour et les attentes parentales, elle nous rappelle combien l'imperfection et la fragilité sont humaines. L'injonction sociale nous le fait trop souvent oublier ...

par (Libraire)
16 septembre 2022

Conseillé par Stéphanie

Jean Roscoff est un homme fraîchement retraité, divorcé inconsolable et alcoolique (un peu plus que sur les bords). Jean Roscoff est ce qu'on peut appeler un homme de gauche. Il a vécu tous les combats des années 80, et le voici aujourd'hui, traînant ses regrets et ses échecs comme de grosses casseroles.
Professeur d'université, sa carrière n'a jamais décollé. La faute à "pas de chance" : on prouva définitivement que les Rosenberg étaient des espions alors que quelques jours auparavant il publiait un ouvrage défendant l'innocence de ces derniers...Maintenant qu'il ne travaille plus, et pour ne pas s'enfoncer dans une déprime insondable noyée dans l'alcool, Jean Roscoff a décidé depuis quelques semaines de se replonger dans un travail d'écriture abandonné quarante ans auparavant. Ce livre sera consacré à Robert Willow, un poète inclassable, un jazzman doué ayant fui le maccarthysme dans les années 50 pour s'installer en France. Compagnon de route des intellectuels parisiens de l'époque, il finit pourtant par s'isoler à Etampes pour écrire. Il se tua dans un accident de voiture dans les années 60. Depuis tout le monde a oublié cet américain si particulier.Ce que Jean Roscoff n'imagine pas un instant, c'est qu'en publiant à quelques dizaines d'exemplaires cette biographie chez un éditeur confidentiel, il va se retrouver très involontairement sous le feu des projecteurs, au centre d'une croisade d'une grande agressivité sur les réseaux sociaux. Et voici notre pauvre Roscoff persécuté, vivant une descente aux enfers à la fois tragique, absurde et drôle. Abel Quentin ose s'emparer de thèmes extrêmement sensibles et difficiles avec une grande habileté : racisme, anti-racisme, appropriation culturelle, dictature des réseaux, cancel culture ... Jean Roscoff est d'une autre génération, d'un autre combat et se trouve complètement dépassé. On referme ce livre un peu sonné par l'histoire de ce perdant magnifique, et très admiratif de l'intelligence avec laquelle l'auteur a su le mettre en scène.

Natasha Trethewey

Points

7,50
par (Libraire)
16 septembre 2022

Conseillé par Coralie

"Trois semaines après la mort de ma mère, je rêve d'elle". Ainsi commence le récit de Natasha Trethewey.
Aucun doute sur l'issue de cette histoire, pas d'intrigue palpitante ou de retournement de situation inattendu. Pourtant, ce texte est glaçant, prend aux tripes et absorbe notre âme pendant la lecture.
Natasha raconte la lente désillusion du deuxième mariage de sa mère. Elle, la petite Métis, née d'un premier mariage avec un homme blanc met en lumière le portrait d'une Amérique instable, inégale, bancale même.

Ce récit est d'une grande force et raconte sans détours des scènes que l'on voudrait oublier. "Memorial Drive" est pourtant le récit d'une fille qui rend à sa mère son courage et sa beauté.

Maud Simonnot

Points

7,30
par (Libraire)
16 septembre 2022

Conseillé par Manon R, Stéphanie et Rémy

"L’enfant céleste" c’est l’histoire de Célian, un enfant différent, un peu trop rêveur, qui a des difficultés à l’école, et de sa mère Mary. Suite à un chagrin d’amour elle décide de partir avec son fils sur une île de la mer Baltique pendant quelque temps. Une destination qui n’est pas choisie au hasard puisque le célèbre astronome de la Renaissance Tycho Brahe s’y était installé pour redessiner la carte du Ciel.

Avec ce premier roman, Maud Simonnot nous offre une histoire à deux voix : celle de Mary qui essaye d'échapper à sa tristesse, et celle de Célian que l’on découvre patient et passionné face à la nature de l’île. Leur séjour sera ponctué de magnifiques rencontres qui vont les aider à se découvrir, à s'épanouir, loin de leur quotidien. La plume délicate de l'auteure nous conte toute la tendresse de cette relation d'une mère avec son enfant.

Poétique et d’une extrême douceur, "L'enfant céleste" est une véritable ode à la nature et au ciel étoilé. Il y a aussi une part de mystère dans ce roman autour de l'histoire de Tycho Brahe dont le destin aurait inspiré William Shakespeare et son célèbre "Hamlet" !

Marie NDiaye

Folio

7,80
par (Libraire)
16 septembre 2022

Conseillé par Marie-Laure et Coralie

Marie Ndiaye a construit son nouveau roman, non pas autour de trois femmes puissantes (quoique) mais de trois femmes énigmatiques. Me Suzanne (dont on ne connaîtra jamais le prénom) est avocate et vit seule. Elle vient de se mettre à son compte. Elle est comme une abstraction dans ce roman, elle n’a pas d’entité véritable et pourtant, c’est à travers elle que le lecteur va découvrir cette histoire. Elle a embauché comme femme de ménage Sharon, femme sans papier originaire de l’Ile Maurice. Me Suzanne l’aide pour obtenir ses papiers. Entre elles, c’est une relation plutôt passive-agressive. Enfin, Marlyne Principaux, Médée des temps modernes, qui a assassiné ses trois enfants. Mère au foyer, elle a abandonné son poste de professeur à la demande de son mari. Peu à peu, celui-ci a réussi à l’isoler, à la fragiliser, à la casser. Et Gilles Principaux justement ? « Qui était Gilles Principaux pour elle ? » Cette interrogation, telle une rengaine parcourt le roman. Car lorsque Gilles Principaux vient demander à Me Suzanne de défendre sa femme, elle est comme frappée par un coup de poing. Elle pense reconnaître en lui l’adolescent qui un jour, l’aurait fait entrer dans sa chambre en transformant sa vie à jamais. L’obsession court tout au long du roman, jusqu’à perturber sa vision du monde, jusqu’à perturber ses parents. Un roman à la fois mystérieux et magnétique, puissant et brillant. Marie Ndiaye est de retour.