• 11 mai 2016

    écrivain, humour

    Un récit sympathique qui nous décrit les affres de la vie d’un écrivain : négociation de contrat, promos, pression pour écrire son prochain roman.

    En parallèle, si l’ours devient de plus une personne, l’écrivain lésé se rapproche de la nature et de son ursitude, allant jusqu’à hiberner. C’est cette partie-là du roman que j’ai préféré.

    L’ours-voleur, lui, préfère les femmes avec des poils sur les jambes, et découvre que les jambes de ces dites-femmes sont toutes différentes, contrairement à celles des ourses. Sacré plaidoyer contre l’épilation.

    J’ai également appris que les ours ne s’accouplaient qu’une fois par an, ce qui pose problème à notre ours-voleur avec la gent féminine humaine.

    L’auteur s’en donne à coeur joie en comparant son ours-voleur à Ernest Hemingway, grand écrivain bourru, ou encore à Albert Einstein tête en l’air.

    Un roman moins léger qu’il n’y parait avec lequel j’ai passé un bon moment.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de l’ours-voleur se régalant de miel et de sucrerie, comme une jouissance.


  • par (Libraire)
    28 avril 2016

    Un ours, par un étrange subterfuge devient la coqueluche de l'édition New Yorkaise. Un roman jubilatoire, féroce envers la société du spectacle. L'ours, la nouvelle icône de la subversion.


  • 21 février 2016

    Vendre la peau de l'ours.

    En 1996, l’écrivain américain William Kotzwinkle publie un conte moderne, « L’Ours est un écrivain comme les autres », satire hilarante du petit monde de l’édition new-yorkaise et plus largement de la société égarée par la communication et la consommation effrénées.

    Arthur Bramhall, un professeur d’université dépressif, est en congé sabbatique depuis un an. Il est allé s’isoler dans une vieille ferme au fond des bois où il a écrit un roman qui, espère-t-il, changera sa vie. Mais c’est sans compter sur un ours voleur qui rôde dans les parages en rêvant de devenir un homme, et qui voit dans le manuscrit le moyen de parvenir à ses fins. Porte-documents sous la patte, l’ours, qui entre-temps s’est trouvé des vêtements et un nom, Dan Flakes, part à la rencontre d’un agent littéraire qui s’enthousiasme pour le livre et surtout pour son auteur si particulier, charismatique et vendeur. A partir de là, la machine promotionnelle se met en branle autour du livre et de l’ursidé usurpateur, qui rencontre tout le gratin de l’édition new-yorkaise sans que personne ne se rende compte de rien. L’ours, qui maîtrise seulement quelques mots de vocabulaire alimentaire, est emporté dans un tourbillon : les médias se l’arrachent, les publicitaires lui proposent des sommes faramineuses, et même les femmes tombent sous le charme du mammifère viril, le jugeant à la fois sauvage et touchant. En quelques mois, il devient la coqueluche du monde des lettres, son livre est étudié, le moindre de ses grognements interprété, et même les politiques lui font de l’œil. Toutes les situations dans lesquelles se trouve le plantigrade font l’objet de quiproquos et de malentendus ; mais son manque de conversation est mis sur le compte d’une émotivité désarmante, sa rusticité et ses façons mal dégrossies en font un parangon de la simplicité qui s’accommode mal de ce monde surfait. De séances de dédicaces en talk-shows, cet auteur singulier trouble et décontenance un peu, mais on le compare déjà à Hemingway, et lui-même s’adapte très bien à ce nouveau mode de vie qui satisfait ses besoins primaires.
    Pendant que l’ours vit sa vie d’écrivain à succès et se civilise, Arthur Bramhall tombe dans un état d’inertie et finit par hiverner dans une grotte. Un jour, sortant de sa tanière pour se nourrir, il découvre avec stupeur que l’auteur de « Désir et Destinée » sillonne le pays, couvert de gloire, son roman caracolant en tête des ventes… N’est-il pas trop tard pour démasquer l’imposteur ? Qui est l’ours désormais ?

    La fable de William Kotzwinkle emploie tous les ressorts du comique : les situations, les mots et les gestes garantissent le rire du lecteur. L’auteur fait ainsi la satire d’une Amérique hyper-médiatisée, obsédée par l’image au point que personne ne remet en cause l’humanité de l’animal. Chacun est aveuglé par son propre égocentrisme qui se traduit par la bêtise généralisée et une course débridée au pouvoir et à l’argent. En fin de compte, cette bonne farce ne serait-elle pas une vision platonicienne de la société qui ne voit que des ombres dans la caverne où elle grouille, condamnée par sa propre vanité ?

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