Amalia

Aude Picault

Dargaud

  • 1 février 2022

    Quelle sensibilité ! Quelle justesse !

    Amalia est surmenée : entre son boulot, son mari, ses enfants, les tâches quotidiennes, les mauvaises nouvelles à la radio, l'écologie et le climat, l'industrialisation de masse, et puis les crises de la petite, et puis les disputes, et puis sa belle-fille qui oh oh hé HÉ STOP !

    Stop.

    Comment enrayer cette spirale infernale ? Comment gérer ?

    Avec beaucoup de tendresse et d'aquarelle, Aude Picault pose les bonnes questions, et trouves de bonnes réponses. Magnifique !

    Nicolas


  • par (Libraire)
    1 février 2022

    Une petite BD légère qui peut cacher bien du contenu !

    Amalia a une vie qu'elle aime:
    son travail lui plaît (même si ça demande beaucoup beaucoup d'énergie!!),
    sa vie de famille avec sa fille, sa belle-fille et son mari aussi (même si la petite est désobéissante et bordélique, que la grande est paumée et que son éducation est un calvaire et que lui, le pauvre, ne suit absolument rien de tout ce qui se passe à la maison !!) et surtout, surtout, le monde est beau (même si on peut toujours tout améliorer !!)
    Un récit rigolo mais pas que, sur la charge mentale des femmes, mais pas que...
    A mettre entre toutes les mains, les féminines comme les autres !

    Pauline


  • par (Libraire)
    25 janvier 2022

    Conseillé par Coralie

    Amalia est efficace et sérieuse. Elle remplit ses journées de son travail énergivore, de sa fille à aller chercher à l'école, des jouets à ranger dans la maison, de sa belle-fille fan de vidéo de beauté sur les réseaux sociaux et de son conjoint qui voudrait tant faire l'amour alors qu'elle est épuisée.
    Malgré sa super efficacité, Ama s'épuise et, lorsque son médecin lui dit de temporiser, elle semble perdue. Elle va alors profiter de ces moments pour se ressourcer, profiter des siens, lâcher prise surtout.
    Amalia appelle à la sororité, à la bienveillance. Cette bande dessinée est d'une douceur réconfortante et sensible. Au coeur du tumulte du quotidien, Amalia est une belle invitation à lâcher prise, à se recentrer sur soi et sur ceux qu'on aime.


  • par (Libraire)
    24 janvier 2022

    Dérangeant, politique et utile

    C’est une Bd dont les premières pages se succèdent à une vitesse folle. C’est une BD qui fait la part belle à un Diable contemporain. La vitesse c’est celle à laquelle est soumise Amalia dès le lever d’une journée rythmée par la douche de la petite Lili, le petit-déjeuner, le départ à l’école, l’arrivée au travail et le soir le rangement de la maison, le pyjama, la lecture au lit. Le Diable c’est la pression de la performance: la maison impeccable, les résultats au travail. Cela s’appelle aussi la perfection. Ce qui épuise Amalia « c’est de vouloir tout contrôler, tout ranger, toujours inquiète de ne pas être assez bien ».

    Le double constat, vie intrépide et performance, est connu. Pourtant Aude Picault apporte ici un regard neuf car global sur l’existence menée aujourd’hui par des millions de familles qui subissent leur quotidien au rythme des aiguilles d’une horloge dictatoriale et d’un idéal de comportement dont on se rend compte qu’il résulte essentiellement de directives économiques. Amalia n’est pas la super nana de Michel Jonasz. Elle vit dans une famille recomposée avec Karim, son homme pendu à l’actualité, pas très réjouissante, rythmée par les attentats, la pollution, et sa belle fille Nora, jeune adolescente en pleine crise, plus préoccupée de ses « like » que de son bac blanc. Omniprésence des écrans, actualité permanente anxiogène, moments d’intimité oubliés, repas morcelés, Aude Picault semble avoir posé des caméras dans des milliers de maisons, pavillons, appartements de familles françaises. On regarde et on se regarde comme dans un miroir sans tain. Tout est vrai, tout est vécu, de ces petits jouets qui traînent dans l’escalier et qu’il faut ranger à la promotion professionnelle de « Team Leader » pour permettre « de révéler tout son potentiel ».

    Ce surmenage familial collectif n’est pourtant pas le seul sujet de la BD et les personnages perçus comme secondaires permettent de révéler d’autres travers de notre société: les influenceuses du net, l’industrie agro alimentaire dénuée de tout respect de l’environnement, la « mal bouffe » industrielle, traversent l’album donnant au sujet principal de la charge mentale une toile de fond nécessaire. Une médecin, en visio, modernisme oblige, dit à Amalia qu’« il s’agit d’équilibrer la dépense quotidienne d’énergie et le temps de récupération (…). Ce n’est pas que médical c’est philosophique ». Si le corps a besoin d’aide, la tête a besoin de réfléchir.

    Pas de désespérance finalement car comme conclue Amalia après avoir modifié le cours de son existence, « Le chaos c’est la vie ». Ce chaos qui laisse trainer les jouets dans l’escalier, un peu de poussière sur les meubles, ou une vaisselle mal rangée mais qui s’organise quand le bleu du ciel vous étreint ou la plante verte moribonde reprend vie. Et comme Karim, Aude Picault nous invite à une véritable leçon de vie: « Y’a plein de choses à faire! Et ce n’est pas demain qu’on va s’y mettre, c’est maintenant ».